Nina
Une soirée, ensemble, à deux, comme s’il n’existait que nous sur terre. Comme un retour dans ce passé où j’étais la seule femme de sa vie. J’en ai presque oublié la réalité.
Je n’ai pas vu le temps passé. En général, c’est le malheur qui s’attarde. Le bonheur, lui, passe plus vite que l’éclair. On sourit et hop c’est déjà le moment de partir.
Blottie contre sa peau, respirant son odeur à plein poumon. Se chamaillant comme des enfants. Passant de la discussion sérieuse aux fous rire.
Et ses regards, plein de tendresse, plein de promesse…
Et mon esprit, oubliant les pourquoi…
“Love was in the air”
Je ne l’oublie pas. Non. Je n’y parviens pas. Mon amour pour lui se renforce de jour en jour. Et la chute, si elle a lieu d’être, n’en sera que plus douloureuse.
Mais ce n’est pas l’heure des questions. Je ne veux pas l’analyser, me casser la tête à tout bout de champ. Je veux vivre ces instants magiques avec lui. Ceux qui me restent avant… avant…, que ma prédiction ne devienne palpable.
Je suis bien. Je me sens bien. Un sourire collé aux lèvres. Une envie de m’abandonner au présent, sans regarder si futur il y aura.
Soirée parfaite… Si ce n’est que le matin une catastrophe se profilait à l’horizon…
On sort de chez lui et je me dirige machinalement vers l’endroit où j’ai garé ma voiture.
!!!! Plus de voiture !!!!
Choc, consternation, « mais ? mais ? », « merde », rage, énervement, début de larmes.
La solution ne tarde pas, la voiture est à la fourrière. Mauvais stationnement.
« Mais je suis certaine que ces panneaux n’étaient pas là la veille !! Certaine !!»
Début de folie.
Il s’occupe de tout, téléphone à la police, me calme, me rassure.
Mais il est en retard au boulot. Je culpabilise. Il s’en fout et ne râle même pas.
Après près de deux heures d’aller retour entre la fourrière et la police, la voilà, ma petite chérie, stationnée au milieu des autres en infraction. Et là, coup de massue.
« 203,15 euros s’il vous plaît », mon sang ne fait qu’un tour. Ma carte bancaire pleure. Je suis en négatif. Je suis dans la merde. Je refuse qu’il m’aide plus. C’est ma merde à moi. Il faut que j’assume.
Il a deux heures de retard, dans un emploi ou ce n’est vraiment pas toléré. Il me racontera plus tard qu’il s’est fait convoqué chez son supérieur. Je culpabilise encore. Mais il ne m’en veut pas, même pas indirectement.
Il était là pour moi, et je l’aime pour ça. Présent, rassurant, homme, protecteur.
Une preuve d’amour que je n’oublierai pas.
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