Nina
Le temps qui passe n’est pas un remède contre l’amour.
Les moments de douceur non plus…
Les regards complices non plus…
La surprise d’un appel non plus…
Et l’amour est là, fort et envoûtant, envahisseur et destructeur.
Pourquoi fait-il tout cela ?, toutes ces attentions ont-elles une finalité concrète ou seulement celle de me laisser espérer à un avenir meilleur, … pour que le temps passe, pour que la note finale ne se fasse pas entendre tout de suite, pour prolonger l’instant cloîtrés dans notre bulle d’insouciance.
Ce n’est pas la réalité, l’amour n’est pas fait pour se cacher. Et le mien étouffe de cet isolement, de cette mise en quarantaine forcée. Forcée par lui, par sa lâcheté ou par son désir de ne pas choisir.
Et quand je décide de prendre l’air au dehors de cette bulle, de voir le monde tel qu’il est, de me détacher de lui après avoir passé une tendre nuit dans ses bras, il trouve toujours le moyen de me faire espérer. Un simple coup de fil, un « je vois que tu m’oublies », un « pourquoi je ne reçois plus de sms de toi ? » et je replonge dans le savon.
Ephémère bulle de savon. Qui éclate et se reforme à sa guise, car c’est lui qui détient cette eau précieuse.
Je veux redevenir maître de moi-même, de mon destin, de mes choix. Mais quels sont t-ils mes choix déjà ? Rester, partir, rester, partir. Mes choix sont légers, se laissant emporter dans la direction que le vent choisira. Ephémère bulle de savon. Sans direction. Sans volonté.
Je voudrais tant revenir à cette époque révolue, ou nos cœurs battaient à l’unisson au grand jour. Ou nous étions deux, rien que deux, lui et moi, amoureux, heureux.
Mais les contes de fées ont toujours un « the end », n’est-ce pas ?
J’aurais aimé que la fin soit moins triste, moins rocambolesque, moins pathétique. Que mon prince charmant le reste, charmant, et n’aille pas courir les jupons de la princesse d’un autre village. Que ça finisse, oui, si la vie en a décidé ainsi, mais pour d’autres raisons. Pas avec ce doute constant à me demander ce que j’ai de moins qu’elle…
J’écoute sans cesse cette chanson de Monica qui est le reflet de mon histoire avec lui (dont voici la traduction d'une partie des paroles) :
“Pourquoi elle? Pourquoi elle? Est ce que je t’ai énervé? Est-ce que je t’ai tellement donné que tu ne pouvais plus gérer mon amour ? Pourquoi elle ? Pourquoi elle ? Dis moi ce qu’elle vaut pour la mettre en premier lieu et m’éliminer? Tu veux revenir mais je dois savoir, pourquoi elle ? Si elle représente tant que ça à tes yeux alors pourquoi es-tu à ma porte ? »
Car bien qu’il soit avec elle, savez-vous, vous, pourquoi est-il toujours là ? Moi je ne comprends plus,… La raison a fuit mon esprit, l’analyse aussi.
« J’avais l’habitude de le regarder et de me demander pourquoi, pourquoi elle ? Mais j’ai appris à ne plus me soucier d’eux ayant une histoire heureuse et pour toujours parce que cette merde est basée sur un mensonge, alors ça devrait tomber, c’est pourquoi je reste fière ! Alors je le regarde et je me demande pourquoi toi ? » Même si c’est la meilleure chose à se dire, il est difficile de partir la tête haute, sans se retourner et avec la certitude réconfortante que de toute façon leur histoire va flancher, car je n’en sais rien, personne n’en sait rien. C’est peut être elle la femme de sa vie. Peut être. Mais comme une amie me l’a fait remarquer, tant que je serai là dans sa vie, je serai cette échappatoire qui rendra son histoire avec elle toujours aussi idyllique qu’au premier jour. Il faut partir Nina, même si la douleur sera au-delà des mots, même si le manque te bouffera de l’intérieur, il le faut. De toute façon on guéri toujours tôt ou tard de tout. Je rêve de ce jour ou je dirai « je suis guérie », « j’ai tourné la page », « la nostalgie s’en est allée », … « I don’t love you anymore ».
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