Mercredi 30 août 2006
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Nina
Au volant de ma voiture, le stress commence à s’emparer de moi, je ne parviens plus à respirer correctement… Et s’il n’est pas content de me voir, que sa nouvelle vie lui convient parfaitement et qu’il me traite comme une étrangère ?
Non tout ira bien… tout ira bien, tout DOIT bien se passer !
J’arrive à hauteur de chez lui, je me gare.
Un petit coup d’œil dans le rétro, la coiffure est en place, le maquillage aussi, mais je suis tellement stressée qu’un sourire à du mal à se décrocher sur mon visage crispé.
Calme toi Nina, détend toi…
Je l’appelle pour le prévenir que je suis là. J’attends…
Tout à coup je vois des jambes et un début de buste s’approcher du côté passager.
C’est lui, mon cœur bat la chamade. Il entre, s’assied.
Une gêne ambiante se fait ressentir aussitôt.
On se regarde longuement. On parle de banalités. Je le coupe et lui dit « tu m’as manqué », un grand sourire s’affiche sur son visage, il me répond « toi aussi ».
Le stress ne désempli pas de mon cœur, qui étouffe bientôt de tant d’émotions. On se rend nos affaires respectives.
Il avoue que de me voir le perturbe. Il ne s’attendait pas à ça. Il ne veut pas quitter la voiture si vite. Il reste.
Puis son regard s’assombri, je vois qu’il est sur le point de dire quelque chose, mon souffle s’accélère car je sais déjà ce que c’est. Et les mots qui blessent sont lâchés « je suis retourné avec elle ». J’aurais voulu crier, pleurer, le pousser hors de la voiture, le traiter de tout les noms… au lieu de ça j’ai ravalé le nœud qui s’était serré dans ma gorge et ce flot de larmes qui s’amoncelaient au bord de mes yeux et j’ai fait un signe de la tête comme pour dire que j’avais bien compris. Je ne pouvais plus prononcer un seul mot, bien que je m’y attendais, la triste vérité était finalement sortie de sa bouche.
Nos regards se font insistants et remplis de signification. Quelque chose se passe entre nous, ce même quelque chose qu’autre fois, cette passion indescriptible qui se transmet par un simple regard. J’essaie de me convaincre que ce n’est que de mon côté, qu’il ne ressent rien puisqu’il est avec elle, mais son regard est là et ne faibli pas, se plonge totalement dans mes yeux. Quant il fini par me dire qu’il a encore des sentiments pour moi mais qu’il n’a pas le droit de me dire ça puisqu’il a causé tant de mal et qu’il a fait un choix qu’il pense juste… qu’il pensait juste jusqu’à cet instant. J’avais raison, le doute s’empare de lui. Les mêmes questions aussi, elle ou moi ? Qui aime t-il ? Je le vois dans ses yeux qui ont l’air de chercher à tout prix une réponse, là tout de suite, mais rien, rien ne vient.
Il me dit qu’il a envie de m’embrasser mais qu’il ne peut pas, qu’il ne doit pas. Je ne réponds pas. Je suis flattée.
Des silences encore, des regards toujours.
Je lui dis que c’est difficile de ne plus l’avoir à mes côtés au quotidien. Il me répond qu’il ne veut pas sortir de ma vie.
De longues minutes passent, entre deux banalités il me dit encore qu’il éprouve quelque chose pour moi, que de me voir le fait douter de son choix et s’il était le bon, qu’il est étonné à quel point on s’entend bien malgré tout ce qui s’est passé, qu’il ne veut pas partir, qu’il a envie de me dire plein de choses qu’il ne devrait pas. Je finis pas lui répondre « ne t’inquiète pas, demain tu auras déjà tout oublié, mais moi… », Il dit « non j’oublierai pas, c’est trop tard, je t’ai revue ». J’ai le visage baissé, quand je sens sa main se poser avec douceur sur ma joue, il me relève la tête, j’ai les yeux fermés de tristesse, et je sens son souffle chaud se rapprocher de mon visage… ses lèvres entrent en contact avec les miennes… et les larmes d’émotion que j’ai contenue jusque là perlent sur mes joues.
Intenses émotions. On s’embrasse. Et c’est comme si rien n’avait changé. Il est doux, tendre. Comme s’il voulait profiter de chaque seconde de ces baisers. Il me caresse le visage, essuie mes larmes. Tout en repoussant la mèche qui était sur mes yeux me dit « tu es tellement belle ». Et j’ai encore envie de pleurer.
Je suis en retard, j’ai rendez vous avec mes copines et lui aussi a quelque chose de prévu. Il me dit qu’il ne veut pas partir. Il le faut pourtant. On s’embrasse encore avec douceur et passion à la fois. Il ouvre la portière et sort. Je suis heureuse. On se dit bonsoir, pas d’au revoir ni d’adieu.
Je le crois parti quand je le vois réapparaître à la vitre, et de loin, il m’envoie un baiser logé au creux de sa main.
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